MAZEN SAGGAR, photographe (9 Septembre-29 Décembre 2019)

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NOUVELLE EXPOSITION
MAZEN SAGGAR, photographe

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(Saint-Restitut, 9 Septembre, 2019)
— Au retour du festival international de photojournalisme Visa Pour l’Image, le Centre d’Art Contemporain de Saint-Restitut invite le photographe franco-irakien Mazen Saggar à exposer en Drôme Provençale. 

Né en Irak et arrivé en France à l’âge de dix ans, Mazen Saggar est un photographe qui a dédié sa carrière à la couverture de deux mondes opposés : d’un côté, les coulisses de la mode chez Louis Vuitton, Chanel… et de l’autre, le vécu des populations en situation tragique à travers le monde. Les habitués du festival Visa pour l’Image à Perpignan le connaissent comme celui qui, depuis 10 ans y photographie les moments clés au jour le jour. 

“La photographie, c’est mon langage : c’est ma manière à moi d’exprimer ce que je ressens. J’ai toujours été passionné par la mode, la composition, la couleur, le textile… le savoir-faire et le métier qui vont dans un spectacle finalement tellement bref, mais tellement beau. Mais je restais un peu sur ma fin,” dit Saggar. “J’avais besoin de comprendre ce qui me motive et ce qui m’anime. Je suis retourné faire des reportages pour témoigner et redonner la voix à ceux qui étaient condamnés au silence… mais aussi pour me redonner la parole à moi-même.”

Au Centre d’Art Contemporain de Saint-Restitut, entre autres sont présentés ses paysages de l’Île de Pâques, son reportage sur les conséquences du déversement de pétrole dans les rivières du sud du Nigéria, des photos de défilés de mode mais aussi des sujets d’actualité française comme le mouvement des gilets jaunes. Son regard nous confronte à la question du rapport tragique de l’homme à son environnement à travers l’histoire, et comment un homme a décidé d’abandonner le monde du luxe pour retourner son objectif vers des sujets où il se sentait plus utile. 

“Le lien est assez évident pour moi: si l’on ne prend pas soin de la nature, si l’homme se déconnecte de cette relation à celle-ci… il court à sa perte,” dit Saggar.

FIN.

A propos
Le Centre d’Art Contemporain de Saint-Restitut, association loi 1901, a été créé en 2001. Depuis Septembre 2002, le centre a accueilli 69 expositions. Dédié à l’origine à la présentation de dessins de sculpteurs, l’agrandissement des espaces d’exposition permet aujourd’hui une plus grande diversité dans la programmation avec une parenthèse chaque automne réservée au photojournalisme. L’association reçoit le soutien de la commune de St Restitut, le  département de la Drôme, la région Auvergne – Rhône Alpes et de l’Etat,  ministère de la culture, DRAC Auvergne – Rhône Alpes. Plus d’informations sur le blog, https://cacstrestitut.wordpress.com

Informations pratiques
Ouverture du mercredi au dimanche de 15H à 18H et sur RDV au 06 23 66 96 45 et à cacstrestitut@gmail.com. L’entrée est libre et gratuite.

 

BIOGRAPHIE 

 

Par John Rudoff

Photo: John Rudoff (2019)

MAZEN SAGGAR est un photographe franco-irakien, né à Bagdad en 1968, et arrivé en France à l’âge de 10 ans. De son enfance à Bagdad, il a gardé la chaleur humaine, des souvenirs d’une ville en paix, et le goût des discussions interminables tard le soir.

 

En France, il fait ses études au lycée Claude Garamont à Colombes, où il se forme à tous les métiers des arts graphiques et de la photographie. Un cursus solide qui lui permet de lancer en 1999, avec des amis, une agence photo à Madagascar. Saggar veut voyager, voir d’autres lumières, et il va passer 3 ans sur l’île.

En 2001, fort d’une cette expérience à la fois photographique et humaine, dont il garde de nombreux amis, il rentre à Paris, et créé une société photographique spécialisée dans le Luxe. A l’image il ajoute la la post production et la 3D. Rapidement, il est repéré par le secteur, et entame une étroite collaboration avec la marque Louis Vuitton, tout en travaillant avec de nombreuses Maisons de luxe et de magazines de mode. Il parcourt les défilés, les shootings de publicité et les reportages corporate, et se fait remarquer par ses portraits incisifs et doux de nombreux artistes, mannequins et vedettes internationales. Marc Jacobs, Freida Pinto, Kate Moss, Naomi Campbell, et bien d’autres passent devant ses objectifs. Il se souvient de cette période en expliquant « Vous devez tenir compte de l’humeur et de l’âme de la personne que vous avez devant vous »….

Mais dans un coin de ses envies, Saggar n’oublie pas le monde et ses tragédies : entre deux défilés, il se rend au Nigéria, où il part couvrir l’Agonie des Ogonis en 2012, un peuple mis en danger par les déversements des hydrocarbures.

Ses voyages et sa confrontation aux drames, comme sa connaissance du Moyen Orient, le conduisent tout naturellement à Visa pour l’Image, dont il arpente les expositions et les discussions… Il s’y forge là aussi une réputation de photographe à la douceur pudique, et se voit confier par Jean-François Leroy la couverture officielle du Festival, ce qu’il fait depuis presque dix ans.

Un jour quelque part entre 2012 et 2013, Saggar se décide à inverser ses priorités : le luxe va laisser plus de place au reportage. Il se met à couvrir les manifestations parisiennes, les obsèques de Nelson Mandela… Il revient pour la première fois à Bagdad comme photographe pour couvrir d’abord les élections de 2014, puis la bataille de Mossoul en 2016. Tout en se laissant, pour le plaisir de la beauté, le droit de faire quelques portraits dans la mode.

Mazen Saggar est un amoureux de la beauté intérieure. Il en parle volontiers, en étant fier d’être celui qui, avec son boitier, est le premier à percevoir puis à montrer ce charme discret, silencieux et éternel de la beauté. Qu’il soit dans le sourire d’un mannequin ou dans les yeux d’un petit garçon à Bagdad. Celui qu’il a été, qu’il est toujours, et qu’il continue à traquer partout dans le monde.

ÎLE DE PÂQUES 

LA FOLIE DES HOMMES. L’île de Pâques est aussi perdue au milieu du Pacifique que la Terre se trouve isolée dans l’Univers. Un petit refuge pour notre espèce, au milieu d’une immensité hostile. Et pourtant les hommes l’ont détruite ! Les systèmes humains sont condamnés à mourir. Ils naissent, se développent, connaissent un apogée et un déclin.

L’île de Pâques est un refuge éloigné de notre civilisation. Pierre Loti la décrivait ainsi : «Il est, au milieu du Grand Océan dans une région où l’on ne passe jamais, une île mystérieuse et isolée ; aucune terre ne gît en son voisinage et, à plus de huit cents lieues de toutes parts, des immensités vides et mouvantes l’environnent. Elle est plantée de hautes statues monstrueuses, œuvres d’on ne sait quelles races aujourd’hui disparues, et son passé demeure une énigme.» 

« La guerre et la stupidité des hommes ont provoqué un désastre écologique. Sur l’île, on s’est battu pour accéder à toutes les ressources, notamment les pierres, le bois, les zones de pêche. Chaque fois que l’on terrassait un clan, on abattait son moai, c’est- à-dire l’ancêtre qui protégeait ce groupe. La certitude, c’est que l’on s’est fait la guerre pour le contrôle des ressources. ».

Les Pascuans ont le talent de faire de pas grand-chose un monde de beautés et de merveilles. Le mana est un concept familier à tous les Polynésiens. C’est le Saint-Esprit du Pacifique. «Le mana, explique Edgard Hereveri, c’est la relation entre l’homme et la nature. Les gens, dans nos îles, sont très ouverts, spirituellement. Le mana, c’est ouvrir son cœur à la nature, ressentir un état de félicité. Ce n’est pas la foi, mais l’amour. Le mana n’est pas la religion, qui est d’abord un système de contrôle de la société. Le mana, c’est immense, plus large. Les hommes ne peuvent pas se donner cet amour entre eux.»

C’est en souffrant que l’on commence à évoluer. Les Pascuans ont fait de leur histoire véritablement tragique une fable sur la folie des hommes.

“L’Île de Pâques est l’exemple de ce que la terre est en train de vivre, à plus grande échelle. En épuisant nos resources, on se condamne nous-mêmes à disparaître.”

 

MODE

LA BEAUTÉ INTÉRIEURE. Quand il ne parcourt pas le monde pour couvrir des sujets sérieux, voir dangereux, Mazen Saggar se retrouve souvent dans un monde opposé. Il travaille avec les plus grands magazines de mode et était l’un des photographes préférés du label français de haute couture Louis Vuitton, où il a photographié plusieurs campagnes et défilés de mode. 

Exposé à Dubaï en 2015, son regard sur le milieu de la mode est singulier. Son travail nous montre la profondeur de ses sujets, la face cachée d’une industrie focalisée sur la beauté extérieure.

“Il faut tenir compte de l’humeur et de l’âme de la personne que vous avez devant vous. Au final, il s’agit de discrétion, d’interaction et de sentiments.”

 

NIGERIA 

L’AGONIE DES OGONIS. En août 2011, les Nations Unies estimaient que la pollution au pétrole dans le Sud du Nigéria allait devenir l’opération de nettoyage la plus vaste jamais réalisée. Et la plus longue : l’ONU comptait 30 ans pour rendre à la nature une partie de ses droits.

L’Ogoni, la région la plus touchée par cette pollution « d’or noir, vit essentiellement de la pêche et de l’agriculture. La population a vu ses moyens de subsistances ravagés.

Or c’était une catastrophe hautement prévisible. Le pétrole y a été découvert en 1958, et la zone quadrillée d’oléoducs, de puits, et d’installations pétrolifères rarement entretenues. La population, largement tenue à l’écart de cette manne financière, a tenté de se mobiliser, pour prévenir des dangers écologiques. Sans aucun succès. Les installations n’ont même pas étés clotûrées, malgré les demandes et les cahiers des charges imposées par les géants du pétrole eux mêmes. Résultat, l’eau a été contaminée avec des niveaux records d’hydrocarbures, et la santé des Ogoni mise en danger. 

Mazen Saggar est parti rencontrer les personnes affectées en 2012. Témoignage de la descente aux enfers des Ogonis, population indigène du Sud du Nigeria.

“ Même si c’est loin, même si c’est en Afrique, on n’a pas le droit de laisser un peuple à l’agonie.”

 

GILETS JAUNES

UN REPORTAGE À LA MAISON. Depuis l’automne 2018, le mouvement des gilets jaunes se donnent rendez vous tous les samedis. Mazen Saggar se rend dans les rues de Paris pour témoigner de ce phénomène.

 

IRAK

RETOUR SUR SES ORIGINES. La famille de Mazen Saggar a tout laissé en Irak et s’est enfuie lorsqu’il avait 10 ans, quand le pays était sous la dictature de Saddam Hussein. Saggar pensait qu’il partait en vacances – mais il lui a fallu 34 ans pour y retourner. 

Le pays qu’il a connu lors de son enfance, un pays de grande civilisation, n’y était plus. Il ne reconnaissait rien : il y a vu un pays dévasté, avec des habitants divisés, en conflit les uns avec les autres. 

Deux ans plus tard, il couvrait la bataille de Mossoul, qui a duré près de neuf mois avant de repousser l’Etat Islamique de la ville. Une salle du Centre d’Art Contemporain de Saint Restitut y consacre ses images.

“ Couvrir la bataille de Mossoul, c’était très dur. Toutes mes idées ont été controversées. J’ai vu ce qu’il y avait de plus mauvais chez l’homme.”

 

HOMMAGE

YANNIS BEHRAKIS. Le Centre d’Art Contemporain de Saint-Restitut consacre une salle en hommage au célèbre photographe Grec qui s’est éteint cette année. En exposition, une photo prise en 2015 d’un réfugié syrien qui embrasse sa fille alors qu’il marche sous la pluie vers la frontière entre la Grèce et la Macédoine, près du village grec Idomeni. Photo qui a parcouru le monde et a reçu le Prix Pulitzer en 2016.

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Extrait de son portrait dans Le Monde en mars dernier.

Le photographe Yannis Behrakis, « les yeux du monde », est mort
Célébrée par de multiples prix, cette figure du photojournalisme au sein de l’agence Reuters s’est éteinte samedi 2 mars à 58 ans.

Par Emmanuelle Lequeux
Publié le 04 mars 2019
LE MONDE

« Je souhaitais devenir la voix des persécutés et les yeux du monde entier. » Figure du photojournalisme, Yannis Behrakis s’est voué à cette mission pendant plus de trente ans au sein de l’agence Reuters. Célébré par de multiples prix, il est mort samedi 2 mars, à l’âge de 58 ans, des suites d’un cancer. Bosnie, Somalie, Albanie, Irak, Libye, Kosovo ou Syrie : il avait consacré sa vie à témoigner de la révolte des peuples, des désastres de la guerre, de la douleur de l’exil. Tremblement de terre au Cachemire ou « printemps arabes », « il savait raconter une histoire de la façon la plus artistique possible, a confié son confrère Goran Tomasevic au New York Times. Aucun d’entre nous n’était aussi dévoué et concentré, il sacrifiait tout pour saisir l’image essentielle ».

Né en 1960 à Athènes, Yannis Behrakis s’est formé à la photographie à la Athens School of Arts, puis à l’université du Middlesex (Royaume-Uni). En 1983, il bascule definitivement vers le photojournalisme après avoir découvert Under Fire, film américain (de Roger Spottiswoode) qui évoque un groupe de reporters couvrant la révolution sandiniste. Entré à l’agence Reuters en 1987, il n’a de cesse de couvrir crises et conflits, de l’Afghanistan à la Tchétchénie.

« Travailler pour Reuters signifie que mon public, c’est le monde entier, et cela fait peser une énorme responsabilité sur mes épaules, assurait-il. En regardant mes photos et mes reportages, plus personne ne pourra dire : “Je ne savais pas”. »

Lauréat du World Press Photo en 2000

En 2000, en Sierra Leone, il échappe de peu à la mort dans une embuscade. Deux de ses confrères n’en réchappent pas. Mais la photographie de guerre restera toujours pour lui « l’apothéose du photojournalisme ». « Je souhaite que mon travail crée un lien et suscite un sentiment de responsabilité partagée envers ceux qui ont le malheur d’être pris au piège dans leur pays Je déteste la guerre mais je veux rendre compte des souffrances endurées. Je veux que le spectateur se sente mal à l’aise, averti, et peut-être même coupable. »

Lauréat du World Press Photo en 2000, nommé photographe de l’année 2015 par le quotidien britannique The Guardian, il obtient en 2016 (avec l’équipe qu’il dirige au sein de Reuters) un prix Pulitzer, ainsi que le prix Bayeux-Calvados, pour Les Persécutés, sa série consacrée aux réfugiés en mer Egée.

Dès 2015, le sort réservé par l’Europe aux exilés syriens le bouleverse en effet. Il passe huit mois sur les rivages des îles grecques, entre Kos et Lesbos, pour rencontrer ces condamnés à l’errance. Un père qui tient sa fille serrée contre son cœur, sous sa cape de plastique noir, en tentant de rejoindre à pied la Macédoine ; un esquif lointain surchargé de silhouettes, à la dérive sous un soleil sang ; la main d’un quidam tendue vers un malheureux qui a dû sauter à la mer…

Vieux souvenirs

Ces images sont parmi les plus fortes qu’ait suscitées cet exode tragique. Passer jour et nuit, pendant des mois et des mois, dans l’attente de l’image qui va réveiller les consciences ? Aux yeux de Yannis Behrakis, ce n’était rien.

« Le plus compliqué à gérer, c’était l’aspect émotionnel, confiait-il au magazine Polka. Je pourrais être l’un des leurs. On voit en eux nos propres enfants, nos parents… Il faut savoir faire un barrage dans sa tête pour pouvoir travailler ».

Chez le jeune papa, le destin de ces milliers de migrants réveille de vieux souvenirs : sa grand-mère, née d’une famille grecque de Smyrne (aujourd’hui Izmir), a fui la cité de la côte turque après l’incendie dévastateur qui la ravagea en 1922.

« Je me souviens de ce qu’elle nous racontait : comment elle a survécu avec sa sœur, toutes deux évacuées vers Marseille à bord d’un navire de la marine française, puis sa vie de réfugiée dans un monastère pendant plusieurs années avant que ses parents ne la retrouvent par l’intermédiaire de la Croix-Rouge, racontait-il. Lorsque j’ai vu les réfugiés entreprendre la traversée depuis les côtes turques vers les îles grecques, j’ai voulu me faire leur porte-voix, au nom de mes valeurs humanitaires et en mémoire de ma grand-mère ».

Et d’assurer que jamais il n’avait perdu espoir en l’homme. « Grâce à la compassion et l’amour, je crois que l’on peut construire un monde meilleur, s’efforçait-il de penser. Si je n’avais pas été optimiste, je serais devenu fou. »

 

Septembre 2019: Mazen Saggar

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Nous vous invitons à nous rejoindre à partir du Lundi 9 Septembre 2019 et jusqu’au 29 Décembre 2019 pour notre nouvelle exposition

Parenthèse 2019, au retour de Visa Pour l’Image
MAZEN SAGGAR, photographe

Né en Irak et arrivé en France à l’âge de dix ans, Mazen Saggar est un photographe qui a dédié sa carrière à la couverture de deux mondes opposés: d’un côté, les coulisses de la mode chez Louis Vuitton, et de l’autre, le vécu des populations en situation tragique à travers le monde.

Au Centre d’Art Contemporain de Saint-Restitut, vous retrouverez ses paysages de l’Ile de Pâques, son reportage sur les conséquences du déversement de pétrole dans les rivières du sud du Nigéria, et ses portraits de mode à Paris. De quoi vous transporter d’un bout à l’autre du monde.

VERNISSAGE
Lundi 9 Septembre 2019
18H: rencontre avec Mazen Saggar, animée par Mathilde Boussion
19H: Vernissage

Centre d’Art Contemporain de Saint-Restitut
en face de l’Église
3 passage de la Cure, 26130 Saint-Restitut (Drôme Provençale)

NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019 derniers jours.

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Nicolas Daubanes est un habitué du Centre d’art contemporain de St Restitut. Il a participé à au moins 4 expositions collectives. Aujourd’hui, après avoir reçu le très convoité Premier prix des amis du Palais de Tokyo (centre d’art contemporain internationalement connu), il s’installe à St Restitut jusqu’au 18 août.

Jeune artiste dit « émergent » (36ans), Nicolas Daubanes brûle les étapes avec pas moins de 6 expositions personnelles en 6 mois! Après une résidence au Mémorial Montluc de Lyon, haut lieu de la résistance où Jean Moulin fut emprisonné, Nicolas Daubanes investit les 3 étages du Centre d’art contemporain avec 7 installations.

Très intéressé par l’histoire et tout ce qui touche aux questions de l’enfermement, l’exposition de St Restitut donne un aperçu des divers étapes de son travail. Les caves sont réservées à une évocation de Jean Moulin, envoyé  de Londres par De Gaulle pour fédérer les différents mouvements de la résistance.  Jean Moulin, figure charismatique de la résistance fut emprisonné au Fort Montluc.

Le rez de chaussée  du centre d’art contemporain de Saint Restitut est consacré  à divers travaux de recherche sur la thématique des prisons avec entre autres des dessins à la limaille d’acier. Enfin l’étage est consacré aux dernières recherches de Nicolas Daubanes autour du paysage avec des techniques particulièrement innovantes.

EVOCATION DU MEMORIAL MONTLUC DE LYON, prison lyonnaise ayant servi à la Gestapo durant la Seconde Guerre mondiale par Nicolas Daubanes. Photos Philippe Petiot.

dessins sur papier, poudre de fer aimantée.

Cave 1

NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019,            Montluc, bâtiment cellulaire, 2019, 100×70 cm.

IMG_5333Nicolas Daubanes – « Montluc, Coursives, Cellule Jean Moulin », Dessin poudre d’acier Photo Alain Kaiser

NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019,                                                          Montluc, 2012, 78×54 cm – 1er étage du couloir de la cellule de Jean Moulin.

NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019,   Déclarations, 2017, 100×70 cm-(de g à dr) 1-Paul Touvier, 2- Klaus Barbie, 3-Maurice Papon.

Cave 2

NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019,                                                       Installation 2019, Calepinage dalles couloir rdc prison de Montluc, sérigraphies (largeur cf cellule Jean Moulin).

Cave 3

NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019,      Installation 2019, évocation portail du camps de concentration de Dachau, adhésif verre et bois, 180×300 cm- Réf aux commerçants juifs qui protégeaient leurs vitrines avec de l’adhésif.

NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019,NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019,                                                       Question préparatoire, question préalable, question définitive, 2019- Dimensions variables, limaille de fer incrustée sur porcelaine. Fragments de témoignages.

Cave 4

NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019,                                                                 Site mémorial du camp des Milles, 2019 (ancienne briqueterie)- Camp français d’internement et de déportation- entre autres d’intellectuels et artistes allemands qui ont fuit le nazisme avant 1939 dont les  plasticiens Hans Bellmer et Max Ernst

NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019,                                                   Installation, Ergonomie de la révolte, 2018- briques avec empreinte des ouvriers et de l’artiste.

RDC

NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019,

NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019,

Communiqué de presse, 2019, 7 tuiles mécaniques de type tuiles marseillaises, 33 x 45 cm, inscriptionns à la limaille de fer incrustée, textes de mutins prison de Nancy et de Jean Genet, …

NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019,

Vue d’ensemble, La petite roquette, diptyque2018, prison de femme aujourd’hui détruite.

NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019,

Révolte de la prison de Nancy, 2019, dessin, 3 panneaux, 200 x 100 cm x 3, poudre d’acier aimantée

NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019,

Les livres noirs, 2016, Bibliothèque de 10 livres, 250 à 1000 pages, papier, feutre noir, bois, dépôt FRAC Occitanie Crazy Diamond, 2017, 6 vidéos, installation, 6 minutes 30 secondeLivres noirs

NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019,

Les livres noirs, 2016, Bibliothèque de 10 livres, 250 à 1000 pages, papier, feutre noir, bois, dépôt FRAC Occitanie

NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019,

Crazy Diamond, 2017, 6 vidéos, installation, 6 minutes 30 secondes

Etage 

sabotage - beton sucre

sabotage, photo Isabelle Derreumaux

NICOLAS DAUBANES, EN PLEIN JOUR… DU 10 JUIN AU 18 AOÛT 2019,

Sabotage, 2017, béton, fer, sucre

Isle of the dead, 30 x 40 cm, 2019

IMG_2790

Paysages d’après Goya et Callot, strange fruit…,60 x 80 cm, 2019, photos par Noémie Fauquet.

DIMANCHE,  2 JUIN 2019 à 10H30 : TABLE RONDE

MONTLUC, PRISON DE LA RESISTANCE, et fantômes magnétiques…                                           avec:    Bernard BOLZE (Prison Inside) et  Antoine LAZARUS, Professeur de médecine                                (Centre de soins Primo Lévi : Vivre après la torture) animée par Jean Marc Cerino, plasticien, co-rédacteur en chef de la revue « de(s) générations »Capture d’écran 2019-06-19 à 17.58.39

Capture d’écran 2019-06-19 à 17.59.02

DIMANCHE 7 JUILLET 2019 à 10h45:  Entretien, en liberté …

Philippe Piguet, critique d’art                                                                            avec Nicolas Daubanes et Bernard Mosse (camp des Milles)

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Nicolas Daubanes – Photo Alain Kaiser

 

Centre d’art contemporain de St Restitut , face à l’église Exposition ici et maintenant, un territoire, des artistes…. Jean Michel Alberola, Bruno Albizzati, Carole Benzaken, François Bruetschy, Jean Daviot, Eric Dalbis, Danielle Humbey-Barrière, Andrew Huston, Nikos Stathis, Didier Talagrand, Françoise Vergier. Vernissage Dimanche 7 avril 2019 à 11H en présence de Madame Marie Pierre Mouton, Présidente du conseil départemental et des artistes.

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18 (1918 : 2018) un monde nouveau / exposition du photojournaliste Laurent Van der Stockt, visa d’or 2017 – DU 10 SEPTEMBRE AU 30 DECEMBRE 2018 Seize artistes ont créé une oeuvre pour cette exposition. S’agissant d’aujourd’hui, exposition du photojournaliste Laurent Van der Stockt, visa d’or 2017.

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C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Jean Marc Cerino
1918, Appareil de repérage des avions par le son
huile et peinture synthétique à la bombe sous verre
136,5 x 105,2 cm

Les enfants

Les enfants de 14-18 ont des expériences variées. Alors que les garçons sont élevés dans l’imitation des pères partis au combat, les filles peinent à trouver une place dans une société orientée vers le culte de la masculinité et de l’héroïsme. « J’avais tout de suite fait preuve d’un patriotisme exemplaire en piétinant un poupon de Celluloïd « made in Germany » qui d’ailleurs appartenait à ma sœur », témoigne avec ironie Simone de Beauvoir. « Je plantais des drapeaux alliés dans tous les vases. » Les prières pour les soldats, les travaux de couture pour les prisonniers sont autant de contributions à l’effort de guerre.
Toutefois, après le départ des pères, les enfants finissent par s’adapter à la guerre. La guerre entre dans le quotidien des enfants, elle se banalise. La succession des mois et des années est marquée par l’attente des lettres venues du front, parfois adressées directement aux enfants par des hommes qui redécouvrent, à distance, leur rôle de père. Les plus jeunes vivent la guerre comme une sorte d’aventure collective. Pap N’ Diaye
C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT
Léon Gimpel
La guerre des gosses  – Léon Gimpel (1873-1948) 
De son propre aveu, les débuts de Léon Gimpel dans la photographie furent « catastrophiques ». Tentant d’immortaliser des canards en 1897, il s’y reprend une douzaine de fois sans qu’aucune de ses plaques ne révèle le moindre animal. Contre toute attente, l’homme est à l’orée d’une longue carrière photographique. Il publie son premier cliché dans la presse en 1900 avant de devenir collaborateur régulier de  l’hebdomadaire L’Illustration. Mais en ce début de XXe siècle, Léon Gimpel est surtout l’un des meilleurs spécialistes des autochromes, le premier procédé industriel de photographie couleur, commercialisé par les frères Lumière en 1907. 
Paradoxalement, ce pionnier du reportage en images passe à la postérité grâce à une série de clichés mis en scène. Amusé par une bande de gamins jouant à la guerre dans les rues de Paris en août 1915, le photographe entreprend de « doter cette petite armée de diverses fournitures » écrit-il dans ses mémoires. Après les avoir équipés de fusils et de sabres de bric et de broc, il charge les enfants de construire un canon de 75 mm et un avion de combat. Son fuselage est une caisse en bois, sa mitrailleuse un moulin à café surmonté d’un manche à balai. 
Son récit de l’aventure, bourré d’humour, trahi la relative légèreté qui règne encore sur Paris à l’été 1915. Les hommes sont au front, les femmes à l’usine et des avions allemands bombardent déjà – quoique maladroitement – la capitale, mais les Parisiens ne semblent pas encore souffrir des privations. Pour autant, les combats sont bien présents dans les esprits et la série reprend tous les clichés de la guerre vue de l’arrière. Profitant de travaux de voierie, le photographe installe « [ses] petits poilus » et leurs fusils dans une tranchée. Une maison en ruine l’aide à figurer les destructions sur le front. Sur un autre cliché, Léon Gimpel envoie son armée en cuisine, corvée de patates incluse. 
Dans cette troupe de Français qui gagnent à tous les coups, on capture aussi un « boche ». Coiffé d’un chapeau melon surmonté d’une carotte en guise de casque à pointe, il est exécuté à coup de canon pendant que le talentueux « Pépète », « l’as des petits acteurs », envoie un ennemi au tapis depuis son avion de chasse. Boudées par l’Illustration « qui ne trouva pas ces sujets assez sérieux », selon le photographe, les images sont publiées en octobre 1915 dans La Lecture pour tous, qui s’adresse à un public plus large. 
Léon Gimpel reçoit son ordre de mobilisation quelques mois plus tard, en mars 1916, alors que les frappes aériennes sur Paris se font plus meurtrières. Il demande à être incorporé au service photographique de l’armée mais rejoint finalement une usine d’aviation au sein de laquelle il créé un laboratoire photo. Inventeur touche-à-tout, il travaille sans relâche à l’amélioration de la sensibilité du procédé autochrome afin de diminuer le temps de pose nécessaire à la réalisation d’un cliché. Le photographe devient ainsi l’auteur du premier autochrome capturé depuis un avion en mai 1917. Fragiles parce que fixés sur des plaques de verre, les autochromes originaux de Léon Gimpel sont conservés par la Société française de photographie.  Mathilde Boussion
C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT
Léon Gimpel
Les gueules cassées
Au sortir de 14-18, l’un des signes les plus spectaculaires de l’impact de la guerre fut la présence de faces terrifiantes, partie intégrante d’un « paysage » dévasté par le conflit : 10 000 à 15 000 combattants défigurés en France. La nouveauté du phénomène résidait moins dans le type de blessure que dans sa fréquence et sa gravité, causées par un armement beaucoup plus destructeur qu’auparavant. Ces fameuses « gueules cassées » constituent sans nul doute l’un des pires héritages de la Première Guerre mondiale. Pour ces hommes jeunes, toute réinsertion au sein de la société de l’après-guerre s’annonçait difficile : ils avaient perdu, sur le champ de bataille, une part de leur identité. Aux épreuves morales s’ajoutaient de dramatiques difficultés matérielles. Aussi, à l’initiative de deux anciens de la Ve division du Val-de-Grâce, appelée le « service des baveux » (car beaucoup n’avaient plus de lèvres ni de mâchoire pour retenir leur salive), fut fondée, en 1921, l’Union des blessés de la face. Placée sous la présidence du colonel Picot, lui-même grand blessé de la face, elle fut la première association spécialisée en fonction de la nature de la blessure. Se posait par ailleurs, de manière cruciale, le problème de leur réinsertion professionnelle. D’autant que les difficultés économiques des années 1920 n’ont guère favorisé l’embauche des mutilés. Si des emplois ont été réservés aux anciens combattants, les gueules cassées ne purent pas toujours y accéder, ce qui contribua à les marginaliser un peu plus. Le préjudice spécifique à la défiguration et le droit de réparation n’ont été pleinement reconnus qu’en 1925. Restait à réaliser l’un des vœux les plus chers aux blessés de la face : l’acquisition d’un lieu capable de les accueillir. En 1927, l’établissement, situé dans le château de Moussy-le-Vieux, en Seine-et-Marne, était inauguré par le président de la République Gaston Doumergue. Un tel projet signifiait finalement la résignation à une certaine forme de marginalité sociale et le renoncement à affronter le regard des autres. Pap N’Diaye
C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT
Eric Manigaud, Chevaux brûlésRéunion de gueules cassées 
dessin poudre de  graphite, 2018

Les chevaux

« Je n’ai encore jamais entendu crier les chevaux et je puis à peine le croire. C’est toute la détresse du monde », écrivait Erich Maria Remarque dans A l’ouest rien de nouveau. Une phrase terrible qui, comme d’autres témoignages de soldats de 14-18, atteste que la guerre moderne n’a pas aboli l’usage des chevaux. Au moins 1,5 million de chevaux sont mobilisés par l’armée française entre 1914 et 1918 (dont 600 000 achetés à l’étranger) ; 1,2 million par les Britanniques. La Grande Guerre a beau être un conflit moderne et mécanisé, on achemine plus de fourrages que de munitions vers le front en 1914-1918 ! La majorité de ces bêtes sert au ravitaillement et à la traction du matériel d’artillerie ; une minorité seulement pour la cavalerie, largement marginalisée par la guerre de tranchées. Pap N’Diaye

chevaux brûlés

Eric Manigaud Chevaux brûlés ,  
dessin poudre de graphite, 2018

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Nicolas Daubanes – chars Renault qui ont remplacé les chevaux – dessin – poudre de limaille de fer sur papier aimanté

Bruno Albizzatti – Sans-titre (impact, Choiseul), 2018 – Graphite, fusain et collage sur papier, 180 x 140 cm

Face au 15 rue de Choiseul, dans le 9ème arrondissement de Paris, les pierres de taille d’une impo­sante façade d’immeuble sont jonchées d’aspérités qui entourent une inscription gravée : « BOMBE D’AVION 30 JANVIER 1918». Le bâtiment, qui fut le siège du Crédit Lyonnais, conserve les traces des bombardements stratégiques (objectifs civils) menés par trente appareils Gotha allemands du­rant la nuit du mercredi 30 au jeudi 31 janvier 1918. L’empreinte de ces impacts est la matière première de cette pièce, obtenue par frottage, elle inscrit dans le papier la mémoire de ces formes saillantes, qui en est la matrice.

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Bruno Albizzatti

Le jazz

L’impact du débarquement américain à partir de 1917 dépasse de loin l’aspect militaire : à travers le sport et la musique, c’est un vent de renouveau qui souffle sur la vieille Europe. Les Américains n’apportent pas seulement du sang neuf mais une manière d’être au monde, un rythme, un style, qui affecteront durablement la façon dont les corps européens seront désormais appelés à bouger, tant dans les danses qui déferleront sur l’Europe que par le sport. Parce qu’elle mêle un bouleversement musical appelé à devenir pérenne et le surgissement de la communauté noire comme force créative, l’arrivée du jazz en Europe marque les esprits et entraîne les corps. Le témoignage de Noble Sissle, tambour-major du 369e régiment d’infanterie de l’armée américaine, orchestre « de couleur », est à cet égard saisissant. « Dans un village du nord de la France, nous jouions le refrain favori de notre colonel, Army Blues. Nous étions les premières troupes américaines à venir là. Dans la foule qui nous écoutait se trouvait une petite vieille d’environ 60 ans qui, à la surprise générale, se mit à esquisser sur notre musique un pas qui ressemblait tout à fait à notre danse « walking the dog »J’eus alors la certitude que la musique américaine deviendrait un jour la musique du monde entier. » Réflexion visionnaire. Ce son rompt avec ce que l’on connaît, timbre, pulsation rythmique, liberté de l’exécution. Le jazz devient instantanément populaire.

Au grand déplaisir de certains : « Les hurlements du jazz, les klaxons et les trompes d’auto, lit-on dans un journal parisien en 1924, ont relégué l’accordéon dans le magasin des accessoires. L’américanisme triomphe, la société contemporaine succombe sous une vague de laid et les derniers poètes meurent un à un. » Pap N’Diaye

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Jean-Michel Alberola

Françoise Vergier « Oui c’est la guerre pour ce qui n’a pas de prix » 2018 – Résine peinte, bois 46 X 36 X 10 cm

  « Le poing d’une femme et  le poing d’un homme pour une guerre de la résistance. Depuis toujours, il y a des personnes qui ne cèderont pas. C’est ainsi que je peux croire à une humanité, sauvegardée de sa soumission au déclic de l’éveil. Oui, la beauté est toujours en instance, là où le grand jeu de l’imaginaire n’abolit pas le hasard. Aujourd’hui plus encore qu’hier le prix du NON coûte cher à toute singularité ouverte sur l’ailleurs. Des idées, des pensées, l’art, l’amour n’ont pas de prix. »

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Françoise Vergier

Les suffragettes

Il y a cent ans, les femmes britanniques de plus de 30 ans arrachent le droit de vote, couronnement de cinquante ans de lutte. Le suffrage véritablement universel est obtenu dix ans plus tard, en 1928, lorsque les femmes obtiennent le droit de voter à partir de 21 ans sans conditions de ressources ou de diplôme.

Le combat des « suffragettes » renvoie à la Women’s Social and Political Union (WSPU), créée en 1903 et dirigée par Emmeline Pankhurst. Mais les premières demandes de vote remontent aux années 1830 en Grande-Bretagne, et aux années 1870 en France avec la fondation de l’association « Le droit des femmes » par Hubertine Auclert. Au début du 20e siècle, les suffragettes de la WSPU jouent un rôle de premier plan par le radicalisme de leur action : à partir de 1909, plus d’un millier sont emprisonnées et nombre d’entre elles participent à des grèves de la faim. La Première Guerre mondiale amena les femmes à occuper des emplois traditionnellement masculins, ce qui poussa le Parlement britannique à voter la loi de 1918. En France, les femmes n’obtiennent le droit de vote qu’en 1945. Pap N’Diaye

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Jean-Marc Cerino Women’s Rights March, 
New York, 1918, 2018
huile sur verre, impression 
et rideau de douche sous verre
90 x 138 cm

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Jean-Marc Cerino Chalking (Suffragette tactic), 2018
huile sur verre et craie 
sur impression papier
72 x 106 cm

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Elfi Exertier, Pierre Buraglio, Claude Buraglio

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Elfi Exertier

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Elfi Exertier

Danielle Humbey-Barrière –  Témoignage. le 28/08/2018 – en hommage à  Alphonse ALBIETZ dit Louis Duchêne de son nom de guerre .

Au début des années cinquante, mon enfance a été marquée par une étrange rencontre, celle d’un homme qui avait été aviateur et photographe aérien durant la première guerre mondiale. Son nom de guerre était Louis Duchêne. Alphonse ALBIETZ était né à Masevaux (actuellement dans le haut Rhin) en 1883 et vivait dans le village de GIROMAGNY (territoire de Belfort), depuis le début des années 1890. En 1912, il exerçait déjà la profession de photographe à MULHOUSE ( Haut  Rhin), puis en 1930 à Giromagny jusqu’au début des années cinquante. Si la guerre et la folie des hommes lui avaient volé son visage et ses yeux, il lui restait sa passion pour la photographie. Inlassablement il avait photographié le ciel et possédait des centaines de clichés  qu’il développait  dans sa chambre noire . Avec mes mots d’enfant je m’appliquais à lui décrire les cieux d’orages, les stratus et les cumulus, les nuances de blanc et de gris, l’intensité des contrastes et la délicatesse des graphismes. C’était un personnage hors du commun, il était hors du temps, d’une lucidité extrême face à cette société villageoise étriquée, croyante et bien pensante qui le marginalisait. A l’église, sur ordre du prêtre, il devait se cacher derrière un pilier pendant l’office et communier avant les fidèles. Il était  d’une grande sagesse, c’était  un homme raffiné qui se passait de la compassion et de la pitié des autres pour vivre. Par ce témoignage je voulais rendre hommage à un homme qui devait au quotidien faire face à la cruauté humaine. L’art de la photographie lui apportait le rêve et l’évasion. Alphonse ALBIETZ est mort en 1969 et repose au cimetière de Giromagny. Sur son acte de décès figure la mention « sans profession » …

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

 

La chambre noire – pastel sur papier,  60×80

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Danielle Humbey-Barrière –  La guerre… et après.
Huile sur papier, 2018
40×50

 

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Pierre Buraglio – les blessés

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Pierre Buraglio

Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht

La ligue spartakiste (par référence à l’esclave Spartacus) est une organisation de gauche révolutionnaire allemande fondée en 1915 par Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht. Leur objectif est de mettre fin à la guerre et de déclencher la révolution, ce qui leur vaut d’être emprisonnés pendant la guerre. Après l’Armistice, et sous influence de la révolution bolchevique, l’heure de la révolution en Allemagne est venue, estiment les deux militants, qui fusionnent la ligue spartakiste avec d’autres organisations pour créer le Parti communiste allemand. En janvier 1919, le soulèvement lancé à Berlin par les communistes est écrasé dans un bain de sang par l’armée et les corps francs (groupes paramilitaires). Luxemburg publie son dernier article le 14 janvier 1919, intitulé : « l’ordre règne à Berlin ». Le lendemain, elle et Liebknecht sont assassinés par des militaires. Pap N’Diaye

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Pierre Buraglio

Pablo Garcia – Formes terrestres – MDF, 2018
Ces reliefs sont le prolongement de peintures faites à partir de relevés dans la forêt de Verdun. Cent ans après la guerre le sol est toujours le témoin de son passé militaire. Ces reliefs reprennent des éléments surgissant du sol, de cette terre mutilée. Certaines formes renvoient aux tranchées, d’autres aux casemates ou encore à tout ces objets métalliques fichés dans le sol pour empêcher l’avancée des troupes.

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Pablo Garcia, Pierre Buraglio

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Pierre Buraglio –

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Claude Buraglio

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

LAURENT VAN der STOCKT – Visa d’or 2017 : La bataille de Mossoul

photos de l’exposition par Philippe Petiot – textes de Mathilde Boussion

En juin 2014, au terme d’une offensive éclair sur le nord de l’Irak, l’Etat islamique s’empare de Mossoul, deuxième ville du pays. Dans la foulée, le groupe proclame l’établissement d’un « califat » sur son territoire. A cheval sur la Syrie et l’Irak, il abolit la frontière entre les deux pays héritée de la Première guerre mondiale. Les djihadistes célèbrent l’événement sur les réseaux sociaux à coups de vidéos accompagnées du hashtag #sykespicotover (« la fin de Sykes-Picot »), en référence à l’accord de 1916 établissant le partage du Moyen-Orient entre la France et le Royaume-Uni.

Pour beaucoup au Moyen-Orient, ces accords symbolisent encore la trahison des puissances européennes qui avaient promis l’indépendance aux nations arabes en échange de leur soulèvement contre l’Empire Ottoman au cours de la Première guerre mondiale. Avec ses vidéos, l’Etat islamique entend exalter la fierté des populations tout en attisant le ressentiment contre l’Occident. A Mossoul, le groupe joue également sur la défiance des habitants à l’égard de l’État irakien. Majoritairement sunnites dans un pays dominé par les chiites, ils subissent discriminations et violences depuis des années. Mais le piège se referme rapidement sur la ville soumise au règne brutal des djihadistes. 

L’armée irakienne, appuyée par une coalition internationale, lance la reprise de Mossoul devenue « capitale » du groupe Etat islamique deux ans plus tard, à l’automne 2016. Cette bataille est la plus déterminante, et l’une des plus dures, menée contre l’organisation. Neuf mois de combats seront nécessaires à la reprise de la ville. Le défi est immense : la cité devenue ligne de front abrite plus d’un million de civils au début des combats. Avec ses voitures suicides et ses drones bourrés d’explosifs, l’Etat islamique impose un combat d’un genre nouveau. 

En première ligne, Laurent Van Der Stockt couvre l’essentiel de la bataille aux côtés des forces spéciales du contre-terrorisme irakien. Depuis le début de leur combat contre le groupe djihadiste, ces soldats ont mis un point d’honneur à respecter tous les Irakiens quelle que soit leur confession. A Ramadi, Tikrit et Falloujah, ils ont acquis la sympathie des populations. Acteurs centraux de la reprise de la première moitié de la ville, ils avancent prudemment pour éviter le pire aux civils. Les frappes aériennes sont alors parcimonieuses et précises le plus souvent.  

Mais à l’approche de la vieille ville, dernier bastion des djihadistes, d’autres forces militaires montent en puissance. Cette fois bombardés sans distinction, les civils fuient en traversant les lignes de front sous les tirs et les explosions, quand ils ne sont pas visés par les snipers de l’Etat islamique ou retenus de force par les combattants qui s’en servent de boucliers humains. La victoire des troupes irakiennes est proclamée à la mi-juillet 2017. Les combats ont fait plus de 700 000 déplacés d’après l’ONU et près de 10 000 morts parmi les civils, d’après une enquête de l’agence américaine Associated Press. 

De la Bosnie à l’Irak en passant par l’Afghanistan, la Tchétchénie ou la Syrie, Laurent Van der Stockt a couvert tous les conflits majeurs depuis le début des années 1990. Plusieurs fois blessé, le photographe a vu son travail récompensé par les prix les plus prestigieux de la profession (World Press photo, Visa d’or, Prix Bayeux…). Représenté par l’agence Getty, il a couvert la bataille contre l’Etat islamique pour Le Monde. 

5V4A1486BleuC.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

 

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUITC.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

« Le jour le plus long »

Le 29 juin 2017, l’armée, la police fédérale et les forces spéciales du contre-terrorisme entament une nouvelle avance au cœur de la vieille ville, où se sont retranchés les derniers djihadistes. Trois ans plus tôt, jour pour jour, c’est ici, depuis la mosquée Al-Nouri, la plus ancienne de Mossoul, que le chef de l’Etat islamique, Abou Bakr Al-Baghdadi  a proclamé l’établissement de son « califat ». Symboliquement, la reprise de la mosquée devait marquer la victoire des troupes irakiennes. Elle n’arrivera jamais : acculés, les djihadistes ont préféré faire exploser l’édifice. 

Bombardée sans relâche pendant des mois, la vieille ville n’est plus qu’un tas de gravas. Les anciennes maisons ottomanes construites en étages sur un terrain accidenté sont tellement détruites que les civils qui en sortent semblent avoir été ensevelis sous un tremblement de terre. Affamés, le teint cireux, certains ont été pris au piège par les combats, d’autres, sympathisants ou membres de l’organisation djihadiste, ont reculé jusqu’au dernier instant. 

Les soldats épuisés progressent sur des éboulis vibrant à chaque nouvelle frappe de la coalition. A pied, ils passent à hauteur des ruines du minaret Al-Hadba, le célèbre « minaret penché » qui faisait la renommée de la mosquée Al-Nouri. D’une maison à l’autre, ils avancent sous la menace des snipers dans un chaos mêlant frappes aériennes et explosions déclenchées par les démineurs qui s’efforcent de déjouer les pièges laissés par les djihadistes. Ouvrant les murs à coups de masse, ils découvrent parfois des familles entières piégées dans les destructions. 

Femmes et enfants sont sortis de leurs abris pour être conduits en lieu sûr pendant que les hommes, soupçonnés d’appartenir à l’Etat islamique, sont arrêtés sur le champ la plupart du temps. Sans grande conviction, un soldat tente de masquer l’objectif de l’appareil photo alors que deux d’entre eux sont giflés. Certaines forces irakiennes ont été accusées de nombreuses exactions au cours de la bataille. Aux mains des forces spéciales du contre-terrorisme, ces prisonniers là ont la « chance » de vivre un sort bien plus favorable que celui qu’ils auraient pu subir face à l’armée ou la police fédérale.

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

C.A.C. Saint-Restitut, exposition DIX-HUIT

Lundi 10 septembre à 18H : conférence de Pap N’diaye, professeur à Sciences Po Paris  » Le passage de la guerre à la paix » et ensuite rencontre avec Laurent Van der Stockt animée par la journaliste Mathilde Boussion. 19h : vernissage en présence des artistes, Jean Marc Cerino, Eric Manigaud, Pablo Garcia, Françoise Vergier et Elfi Exertier.

COLLECTIONNER AUJOURD’HUI

Mis en avant

DP-lgr-2018

accueil : juin du mercredi au dimanche de 15H à 18H

juillet – août du mardi au dimanche : 10H30 – 12H et 15H30  – 19H et sur RDV

 

INVITATION CALQUE LITHOS

Cette année le centre d’art contemporain de ST Restitut reprend la thématique  « Collectionner aujourd’hui ». En 2012 avait été présentée, après le musée de Toulon, la collection de dessin du critique d’art Philippe Piguet puis sa collection de peintures et photographies. En 2013 avait été exposée la Collection LGR de peintures et sculptures avec entre autres Buraglio, Dietman, Ming et la figuration narrative.

Cet été le Centre d’art contemporain de St Restitut, du 17 juin au 19 août, revient à la collection LGR avec des artistes niçois de leur collection. Pas moins de 21 artistes entre le dessin, la peinture, la sculpture et la photographie.

BP, MARC CHEVALIER, NOËL DOLLA, JEAN-BAPTISTE GANNE, Karim GHELLOUSSI, PHILIPPE GRONON, AÏCHA HAMU, THIERRY LAGALLA, NATACHA LESUEUR, BERNARD PAGÈS, PASCAL PINAUD, FLORIAN PUGNAIRE, DAVID RAFFINI, PHILIPPE RAMETTE, JERÔME ROBBE, JEAN-PHILIPPE ROUBAUD , VIVIEN ROUBAUD, MATTHIEU SCHMITT, STEPHANE STEINER, CEDRIC TEISSEIRE, XAVIER THEUNIS

Roland et Gaëtane Botrel ont consacré leur vie à collectionner des oeuvres d’artistes d’aujourd’hui mais aussi des oeuvres anciennes, en particulier des Vierges du XVe siècle. Depuis une dizaine d’années, une amie, Laurence Climbeau les a rejoints dans l’aventure! Cette dernière, à l’origine néophyte dans le domaine de l’art dit contemporain, peut être donnée en exemple par rapport aux sceptiques devant une oeuvre de notre temps. En effet non seulement elle est devenue passionnée mais a acquit ce que l’on appelle « un oeil ».

LGR n’accumulent pas les oeuvres dans le but de spéculer mais pour le plaisir des découvertes et des rencontres avec les artistes. Egalement pour compléter des ensembles afin de constituer une collection cohérente digne d’un musée. A St Restitut, Noël Dolla, ex-« Support Surface » pose la question de la peinture, rejoint par la nouvelle génération de Pascal Pinaud, Marc Chevalier, Jérôme Robbe, Cedric Teisseire, Karim Ghelloussi, David Raffini. Florian Pugnaire « sculpte » la tôle, Vivien Roubaud présente ses « explosions » dans la résine. Jean Baptiste Ganne, invité en Hollande, fixe dans la photographie le passage du temps sur les fleurs et, en période de coupe du monde de foot, souligne la vanité des trophées d’aujourd’hui. Matthieu Schmitt rend hommage au très regretté François Morellet, Xavier Theunis à Morandi et Philippe Lagalla, dans un registre « très personnel », emprunte à Arcimboldo pour un autoportrait. On trouve aussi la célèbre photographe Natacha Lesueur et Jean-Philippe Ramette qui utilise la photographie pour sculpter l’espace et la lumière. A St Restitut, il joue avec son ombre, ainsi que Aïcha Hamu qui cache son beau visage sous un maquillage moucharabieh. Quant à Stephane Steiner, trois pièces donnent une idée de son travail. Enfin, pour les « classiques »  une magnifique  composition de Jean-Philippe Roubaud où il converse avec Les époux Arnolfini de Jan van Eyck  ainsi qu’avec Courbet et Dürer.

Ils sont peintres, sculpteurs, photographes, ils dessinent, peignent, sculptent « autrement » et nous invitent à découvrir la diversité de la création d’aujourd’hui.

Annie Delay

RDV dimanche 17 juin 2018 – 10H30 table ronde en présence des collectionneurs LGR et de plusieurs artistes dont Marc Chevalier, Jean-Philippe Roubaud, Thierry Lagalla et Pascal Pinaud. Ces derniers signeront leurs  derniers livres à l’issue de cette table ronde. 11h30 vernissage – Réservations au 06 23 66 96 45 

 

Vues de l’exposition : photo Philippe Petiot  – commentaires Roland Botrel, collection LGR

Bureau

Jean-Baptiste Ganne est né en 1972 à Gardanne. Membre de la Station, il vit à Nice et enseigne à la villa Arson.Lors d’une résidence en Hollande, plaque tournante pour les fleuristes du monde entier, Jean-Baptiste eût l’idée, en faisant un pas de côté poétique, de montrer l’automne des fleurs coupées…Quant aux trophées ramollis, c’est peut-être à la vanité des vainqueurs et de la société qui ne glorifie toujours que le premier que Jean-Baptiste Ganne s’adresse…
exposition collection LGR - CAC de St RestitutJean-Baptiste Ganne, Sans titre (un art moyen), Photographies, 2004

Exposition VERY "NICE" collection LGR - CAC St RestitutJean-Baptiste Ganne, Trophées, 5 coupes sur étagère métal, 2014

Salle 1

Thierry Lagalla est né à Cannes en 1966. Il est représenté à Nice par la galerie Espace à Vendre, à Bordeaux par la Mauvaise Réputation et à Paris chez Thomas Bernard.
Plasticien et performeur, Thierry Lagalla enchante son public à chacune de ses prestations. Ce sont quatre autoportraits à connotation historico-comique qui nous sont proposés.
exposition collection LGR -CAC de St RestitutThierry Lagalla, Autoportrait à l' »Archibranlo », 2004, acrylique sur toile cirée.

 

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Thierry Lagalla, vue d’ensemble.

 

Thierry Lagalla, Autopschitt, 2009 ; Aspérant lo delùbi / Waiting for the flood, 2006, acrylique sur toile.

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Thierry Lagalla, Vanité de voyage, 2013-2015

 

Salle 2

Pascal Pinaud est né en 1964 à Toulouse. Il vit à Nice et enseigne à la villa Arson. C’est la galerie Catherine Issert à Saint-Paul de Vence qui le représente. Plusieurs dessins nous montrent la richesse de création de cet artiste ; et si l’on ajoute les laques automobiles, les patères, les sculptures et les photos, nous comprenons mieux pourquoi la Fondation Maeght, l’Espace de l’Art Concret à Mouans-Sartoux et le FRAC PACA l’ont exposé l’année dernière.

Exposition VERY "NICE" collection LGR - CAC St RestitutRoland Botrel, vernissage, « Collectionner aujourd’hui. Very « Nice », Collection LGR ».
Centre d’Art Contemporain de St-Restitut, oeuvres de Pascal Pinaud © Philippe Petiot

exposition collection LGR - CAC de St RestitutPascal Pinaud, 24 Dessins, 1999-2014, techniques mixtes ; Plaque, 2006, Peinture et vernis sur tôle.

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Pascal Pinaud, vue d’ensemble

 

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Pascal Pinaud, Patère, 2012, verre, acier, caoutchouc

Exposition VERY "NICE" collection LGR - CAC St Restitut

Pascal Pinaud, Choc 2, sculpture, 2011, acier peint, vernis

Pascal Pinaud, vernissage, « Collectionner aujourd’hui. Very « Nice », Collection LGR ».
Centre d’Art Contemporain de St-Restitut © Philippe Petiot

 

Salle 3

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Bernard Pagès, Noël Dolla, vue d’ensemble

 

Noël Dolla est né en 1945 à Nice où il réside.
Il a enseigné à la villa Arson où il a eu pour élèves, entre autres, Pascal Pinaud, Philippe Ramette, Natacha Lesueur. La galerie Ceysson & Bénétière le représente.
Membre historique de Supports-Surfaces, Noël Dolla a construit une œuvre riche de sens artistique et politique.

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Noël Dolla, Fish food (de la série Enol A. bait), 2007, acrylique et nourriture synthétique sur toile.

exposition collection LGR - CAC de St RestitutNoël Dolla, Fumée (série Silences de la fumée), 1996, acrylique sur toile et fumée.

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Noël Dolla, Fers à repasser, 2014, empreintes sur papier et pastel gras

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Noël Dolla, Gant à débarbouiller la peinture, 1994, tissu éponge, cire, pigments.

 

Philippe Gronon est né en 1964 à Rochefort sur Mer. Il vit et travaille à Malakoff. Il a été pensionnaire de la Villa Médicis en 1994-95.
Il est représenté par la galerie Dutko à Paris et la galerie Barnoud à Quétigny.
Philippe Gronon photographie des objets à échelle 1. Des tableaux anciens ou modernes, il en photographie le «Verso», et c’est à Saint-Étienne que se trouve le «Recto» du tableau de Noël Dolla.

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Philippe Gronon, Verso d’une toile de Dolla de 1974 (Croix), Photographie, tirage 1/5.

Bernard Pagès est né en 1940 à Cahors. Les galeries Ceysson-Bénétière à Paris, et Catherine Issert à Saint-Paul de Vence le représentent.
Grand sculpteur et grand dessinateur Bernard Pagès a fait partie des Nouveaux Réalistes et de Supports-Surfaces. La force de son travail réside entre autres dans l’opposition violente des matériaux qu’il emploie.

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Bernard Pagès, PAL aux vis, 2000, Bois de chêne, vis à bois tête ronde de 80 mm

 

Etage

Matthieu Schmitt est né à Thionville en 1981. Diplômé de la Villa Arson, il vit et travaille à Nice. Il est représenté par la galerie Catherine Issert.
C’est un ingénieur qui invente des machines aux éléments incontrôlables, dans lesquelles des plantes vertes ont le pouvoir de composer des poèmes. A St Restitut Il n’est cependant pas représenté par une œuvre mécanique mais par un bel hommage à François Morrelet…

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Matthieu Schmitt, Hommage à Morellet, plaques de verre et courroies rouges, 90 x 90 x 16 cm

 

Marc Chevalier est né à Paris en 1967. Il vit et travaille à Nice.
Une œuvre sans peinture, sans pinceau et sans toile… Est-ce possible ? Bien sûr !!! Regardez les scotchs de Marc Chevalier…

Exposition VERY "NICE" collection LGR - CAC St RestitutMarc Chevalier, vernissage, « Collectionner aujourd’hui. Very « Nice », Collection LGR ».
Centre d’Art Contemporain de St-Restitut © Philippe Petiot

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Marc Chevalier, Sans titre, ruban adhésif sur châssis, 2006, 100 x 100 cm

exposition collection LGR - CAC de St Restitut    Marc Chevalier, Sans titre, ruban adhésif sur châssis, 2009, 60 x 60 cm

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Marc Chevalier, Sans titre, 2015, ruban adhésif sur châssis, 20 x 20 cm

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Marc Chevalier, 3 flaques, peintures séchées, 1994 et 1995, 17 x 17 cm, 18 x 24 cm, 19 x 19 cm

 

Xavier Theunis est né en Belgique en 1978. Diplômé de la Villa Arson, Xavier vit et travaille à Nice. Il est représenté par la galerie Catherine Issert à Saint-Paul de Vence et la galerie Backslach à Paris.
Cet artiste qui voyage entre architecture, décoration et histoire de l’art à tout de suite attiré notre attention par la qualité de son travail ; l’originalité plastique et le clin d’œil artistique qu’il porte sur le passé. C’est avec des adhésifs vernis collés sur aluminium thermolaqué qu’il rend hommage aux bouteilles de Morandi et aux paysages de Nicolas de Staël…

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Xavier Theunis, 5 Morandi, 2011, adhésif sur aluminium, 50 x 40 cm

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Xavier Theunis, Morandi, 2011, adhésif sur aluminium, 50 x 40 cm

 

Cave 1

Jérôme Robbe est né en 1981 à Paris où il vit. Il est diplômé de la Villa Arson. Au temps pas si lointain de la mode de la peinture sans peinture, Jérôme Robbe a travaillé sur l’écrasement de cette matière. La peau de peinture que nous présentons provient de la terrasse du Musée Chagall où 300 kilos de peinture avaient été déversés et écrasés par des plaques de marbre.

exposition collection LGR - CAC de St RestitutJérôme Robbe, Peinture écrasée, peinture, verre, miroir.

exposition collection LGR - CAC de St RestitutJérôme Robbe, Peau de peinture, 2011, empreinte terrasse, musée Chagall de Nice

Jean-Philippe Roubaud est né en 1973 à Cannes. Il vit au Cannet et travaille à Nice. Il a obtenu le DNSEP à la Villa Arson en 1997. Il est représenté par la galerie Sintitulo à Mougins. C’est un dessinateur qui maîtrise son médium parfaitement et nous fait voyager de Van Eyck à Courbet en passant par Dürer sans jamais forcer le trait.

Exposition VERY "NICE" collection LGR - CAC St Restitut

Jean-Philippe Roubaud, vernissage, « Collectionner aujourd’hui. Very « Nice », Collection LGR ». Centre d’Art Contemporain de St-Restitut © Philippe Petiot

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Jean-Philippe Roubaud, Abstract Bubble II, 2017, Graphite sur papier.

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Jean-Philippe Roubaud, Abstract Bubble II, détail (réf. Van Eyck, Courbet…)

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Jean-Philippe Roubaud, Abstract Bubble II, détail (Réf. Van Eyck, …)

Exposition VERY "NICE" collection LGR - CAC St Restitut

Jean-Philippe Roubaud, vernissage, « Collectionner aujourd’hui. Very « Nice », Collection LGR ». Centre d’Art Contemporain de St-Restitut © Philippe Petiot

Cave 2

David Raffini est né en 1982 à Bastia. Il vit et travaille à Bruxelles. En 2004, il obtient un Master d’Arts Appliqués à l’Université de Corse, et passe en 2007 le DNSEP à la Villa Arson à Nice. Il est représenté par la galerie Papillon à Paris et par la galerie Ceysson-Bénétière. Peintre, sculpteur et vidéaste, David Raffini se confronte à la matière avec lucidité. Il creuse son sillon avec talent et nous propose une grande peinture sur toile libre : «HASHIMA ».

David Raffini, Hashima, peinture sur toile, 195 x 265 cmDavid Raffini, Hashima, 2014, Acrylique sur toile libre.

Florian Pugnaire est né en 1980. Il vit et travaille à Bruxelles. Diplômé de la Villa Arson en 2006, il est représenté par les galeries Eva Vautier à Nice et Ceysson-Bénétière à Paris. Passant constamment de la vidéo à la sculpture, les différents médiums qu’il utilise s’interrogent et se répondent autour de la notion de Work in progress, convoquant les univers de l’atelier et du chantier. Il semble trouver sans effort l’idée ou le geste juste. Il collabore parfois avec David Raffini.

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Florian Pugnaire, 1 plaque, 2010, sculpture murale tôle inox et sangle

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Florian Pugnaire, 1 plaque (détail), 2010, sculpture murale tôle inox et sangle

23-8b-26052018-_R0B8535-14x21.jpgXavier Theunis, Paysage, 2013, adhésifs vernis sur aluminium thermolaqué.

Cave 3

Karim Ghelloussi est né en 1977. Diplômé en 2001. Il vit et travaille à Nice.
Attentif aux désordres du monde, Karim Ghelloussi dénonce les turpitudes des politiques, l’indifférence face aux émigrés et le rapport des citoyens à l’écologie.

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Karim Ghelloussi, Pallissade, 2009, acrylique sur bois et sacs plastique.

Cédric Teisseire est né en 1968 à Grasse. Il vit et travaille à Nice.Il a cofondé la Station et le réseau Botox. Il enseigne à l’école supérieure d’art et de design de Toulon. La galerie Ulrich Mueller à Cologne et C.Art à Bregenz en Autriche, le représentent. Peinture sans peinture ? Où sont les instruments du peintre ? L’artiste répond à ses interrogations en utilisant des seringues et se sert de l’apesanteur dans la série « Alias » pour créer des œuvres qui à Nice font échos , mais d’une manière plus actuelle, aux tirs de carabine de Nicky de Saint Phalle et aux bidons de Gilli.

25-7b-26052018-_R0B8798-14x21.jpgCédric Teisseire, Alias… Twins, 2007, Laque sur toile cirée.

exposition collection LGR - CAC de St RestitutCédric Teisseire, Alias… , 2005, Laque sur toile cirée.

Cave 4

Stéphane Steiner est né en 1963 à Nice. Vit et travaille à Nice. La galerie Espace à Vendre, à Nice, le représente. C’est un artiste rare et puissant qui nous montre, à Saint-Restitut, trois œuvres étonnantes :
Un paysage tellurique , un autoportrait et une vanité à découvrir… !

exposition collection LGR - CAC de St Restitut

Stéphane Steiner, Vue d’ensemble

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Stéphane Steiner, Portrait crashé, 2016, Photographie sur toile cirée.

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Stéphane Steiner, Paysage tellurique, 2014, graphite sur papier.

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Stéphane Steiner, Têtes de mort, dessin encre et pastel gras.

31-6g-26052018-_R0B8829.jpgAïcha Hamu, Natacha Lesueur, Philippe Ramette (Vue d’ensemble).

Aicha Hamu est née en 1974 à Avignon, elle vit et travaille à Nice. Elle est représentée par la galerie Catherine Issert. Artistes aux talents multiples, elle utilise plusieurs médiums pour parler de sa vision du monde. Dans son autoportrait elle dénonce la condition des femmes en se voilant d’un maquillage complexe, une sorte de moucharabieh intégré, de fils barbelés soit-disant indolores.

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Aïcha Hamu, Sans titre, 1997, Photographie n° 2/3.

Natacha Lesueur est née en 1971 à Cannes. Elle est représentée par la galerie Eva Vautier à Nice. Photographie, sculpture et body Art culinaire, tout se mélange dans l’art de Natacha Lecteur. La série déjà ancienne des marques ou tatouages laissés par les vêtements intimes retirés sont une sorte de poésie à fleur de peau.

 

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Natacha Lesueur, 2010, photographie.

Philippe Ramette est né en 1961 à Auxerre. Il vit et travaille à Paris. Surtout connu pour ses photographies où il se met en scène dans des situations improbables, Philippe Ramette expérimente et propose des points de vue décalés sur le monde. Son rapport à l’apesanteur nous fascine. Également sculpteur et dessinateur, là, c’est son ombre qui lui joue des tours…

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Philippe Ramette, Ombre au repos, 2009, dessin à l’encre noire.

Vivien Roubaud est né en 1986. Diplômé du DNSEP de l’école nationale supérieure d’art de la Villa Arson (Nice). Il vit et travaille à Bruxelles. Il est représenté par la galerie In Situ (Fabienne Leclerc). Vivien est un bricolo génial, un professeur tournesol. Il transforme les objets, règle et dérègle les mécanismes. Apparaissent alors, frappées d’une baguette magique des formes nouvelles. Il joue aussi comme dans les explosions à des arrêts sur images qui nous permettent de voir ce qui normalement disparaît instantanément.

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Vivien Roubaud, sculpture, 3 explosions rondes, 2014 ; 1 explosion plate, 2015 (résine).

Table ronde, « Collectionner aujourd’hui. Very « Nice », Collection LGR ».

Centre d’Art Contemporain de St-Restitut

Exposition VERY "NICE" collection LGR - CAC St Restitut

Marc Chevalier, Jean-Philippe Roubaud, Pascal Pinaud.
© Philippe Petiot

Exposition VERY "NICE" collection LGR - CAC St Restitut

Marc Chevalier, Jean-Philippe Roubaud. Table ronde, « Collectionner aujourd’hui. Very « Nice », Collection LGR ». Centre d’Art Contemporain de St-Restitut © Philippe Petiot

Exposition VERY "NICE" collection LGR - CAC St Restitut

Vernissage, « Collectionner aujourd’hui. Very « Nice », Collection LGR »

Exposition VERY "NICE" collection LGR - CAC St Restitut

Vernissage, « Collectionner aujourd’hui. Very « Nice », Collection LGR ». Roland Botrel, Christian Lhopital

Exposition VERY "NICE" collection LGR - CAC St Restitut

Vernissage, « Collectionner aujourd’hui. Very « Nice ». Collection LGR ». Gaëtane Botrel, Jean-Pierre Delay © Philippe Petiot

Exposition VERY "NICE" collection LGR - CAC St Restitut

Vernissage, « Collectionner aujourd’hui. Very « Nice ». Collection LGR ». Laurence Climbeau © Philippe Petiot

 

LGR, trois regards pour une collection par Christine Blanchet

Ce que j’ai aimé, que je l’aie gardé ou non, je l’aimerai toujours. André Breton

La collection LGR : trois initiales pour trois prénoms, Laurence, Gaëtane et Roland. Ellecommence avec les premières acquisitions de Gaëtane et Roland Botrel, rejoints «officiellement» plus tard par Laurence Climbeau ; le trio azuréen la complète au gré de leurs rencontres et promenades artistiques. À partir de leur sens aigu de l’histoire, ces véritables érudits, passionnés d’art, rassemblent des œuvres, souvent majeures dans le processus des artistes.

Christine Blanchet : Gaëtane et Roland, comment avez vous débuté votre collection ?

Gaëtane et Roland Botrel : En1987,nous achetons un dessin de Veličkovićà Monaco. Avant cela, nous regardions l’art contemporain en suivant le travail de plusieurs artistes dont Veličković, devenu depuis un ami.

Ch.B : Vos regards se sont aiguisés plutôt à partir de l’art ancien ?

RB, GB : Oui ! De la Renaissance à Picasso. Mais notre chance a été de rencontrer des artistes italiens originaires de Piacenza, groupés autour de Foppiani, Berté et Armodio qui exposaient entre 1976 et 1980 à la galerie « L’Oeuf de Beaubourg ». Ils mêlaient à leur travail l’héritage du passé et l’intelligence poétique et surréaliste de la modernité… Nous venions aussi tous les mois à Paris pour notre travail, et l’ouverture du Centre Georges Pompidou nous a permis de développer notre curiosité pour l’art contemporain dans la diversité des courants esthétiques.

Ch.B : Vous avez rassemblé, en trente ans, une centaine de pièces, peut-on parler d’un virus?

RB : Il faut bien comprendre que ce n’est pas la possession des choses qui nous intéresse. Notre posture est très claire et elle s’ancre dans cette envie de participer à un moment donné au soutien de la création, pour que les artistes mais aussi les galeries puissent continuer à travailler. Si acquérir n’est pas un but en soi, force est de constater que vivre avec des œuvres aujourd’hui, est devenu indispensable. Elles ont une vraie présence dans notre vie. Cependant, nous considérons que les œuvres continuent à appartenir aux artistes. Ils peuvent nous les demander, comme les trois dessins à la limaille de fer de Nicolas Daubanes d’après les gravures de Piranèse. Nous ne les avons jamais déballés chez nous… Ils sont vus ailleurs et c’est très bien ainsi…
[…] Nous n’achetons pas pour spéculer ou pour revendre, les artistes et les galeristes l’ont bien compris […]. Mais acquérir une œuvre est un acte qui n’est en rien anodin ; c’est un inconnu que l’on accueille chez nous, presque une adoption…

Ch.B : Laurence,comment rentrez-vous en 2006 dans l’aventure artistique de Gaëtane et Roland ?
Laurence Climbeau : Par le hasard des discussions ! Je n’avais pas manifesté jusque là un grand intérêt pour l’art et n’osais même pas rentrer dans une galerie. Cela a été une véritable initiation, comme je considère que lorsqu’on s’intéresse à quelque chose on ne peut pas être uniquement spectateur, mon aventure artistique a commencé dans ce désir de m’impliquer toujours plus. Au départ, nous achetions séparément des pièces des mêmes artistes pour finalement nous rendre compte que nous voulions les réunir, LGR est né dans cette idée de partage.

Ch.B : Vos discussions à propos des artistes et des œuvres sont une grande force dans la constitution de votre collection et les directions thématiques que vous lui donnez. En accueillant Laurence, est-ce que cela a changé votre façon de fonctionner ?

RB : L’art est intemporel. Quand Laurence est venue nous rejoindre, nous l’avons faite aussi voyager dans l’art ancien et lui avons montré comment l’art était toujours vivant dans un contexte à chaque fois précis. De cette façon, son œil s’est formé comme le nôtre, et aujourd’hui ses goûts s’affirment. Nous confrontons ainsi nos différences de points de vue car l’avantage dans ce cadre est d’avoir trois personnalités bien distinctes.

LC : J’ai été forcément influencée puisque je suis arrivée dans une histoire où les bases étaient déjà construites et il est essentiel pour moi que celles-ci se poursuivent. Les pièces que nous achetons ont toujours un sens par rapport à ce qui existe dans la collection…

Ch.B : Au regard de vos choix, l’on pressent des lignes et des thématiques dans votre collection. Par exemple, peut-on dire que vous soutenez l’école niçoise ?

RB : Pour l’école historique de Nice, nous sommes arrivés trop tard, mais nous avons des œuvres de Noël Dolla, de Pascal Pinaud, Bernard Pagès et de plusieurs jeunes que nous rencontrons à la Station ou à la Villa Arson !

Ch.B : Vous avez réuni des œuvres, beaucoup de peintures par ailleurs, dont les thématiques sont politiques ou liées à l’Histoire.

RB : Il y a effectivement un constat politique qui émerge de l’ensemble. Les artistes de la Figuration narrative dénoncent les abus ou les dérives du Monde. Mais au-delà de l’idée, ce qui compte avant tout, c’est la maîtrise et la qualité du travail ; par contre à propos de notre tableau, Le portrait de Mao,peint par Yan Pei Ming, nous ne sommes pas maoïstes pour un yuan, mais cette œuvre nous fait rentrer dans l’histoire du peintre, de l’Histoire en général, et même dans une certaine vision de la peinture puisque Warhol et bien d’autres ont peint Mao.

Ch.B : Au moment où vous achetez Ming, il n’était pas connu comme aujourd’hui représenté dans les plus grandes collections publiques et privées.

RB : Nous avons acheté notre premier tableau de Ming en 1996 à la FIAC. Nous l’avions déjà repéré l’année précédente et nous aimions cette écriture nerveuse avec des gouttelettes partout. Nous n’avons pas hésité, même si son prix, très raisonnable à l’époque, était une sorte de petite folie pour nous…

Ch.B : Vous êtes sensibles aux relations entre l’art et la littérature…

RB : Il n’y a pas que le côté pictural… J’évoquais tout à l’heure la façon dont l’art était stimulé, et il est toujours intéressant de comprendre les rencontres littéraires ou musicales.Les artistes ne vivent pas isolés et peuvent être aussi sous influence… Autour de Proust, nous avons deux jeunes artistes comme Raphaël Denis ou Jérémie Hennequin, le premier réécrit toute LaRecherche du temps perdu,sur une seule feuille et le second gomme le texte […]. Nous avons réuni un ensemble sur la Figuration narrative, bien avant qu’elle soit revenue sur le devant de la scène ces dernières années(avec des œuvres d’Adami, par exemple, autour des portraits de Gide d’une grande profondeur psychologique, d’une intelligence des couleurs ; tandis que pour Arroyo, c’est à travers le thème de la liberté qu’il laisse transparaître sa hargne pour Franco […]. Ces œuvres incarnent pour nous des moments forts de la vie de ces artistes… […] La Figuration narrative a été très importante entre 1964 et 1985. La société a changé depuis et nous aussi ; et tout en gardant un grand respect pour leur travail actuel, nous avons ouvert d’autres portes, celles de Pierre Buraglio, d’Erik Dietman, de Rebeyrolle ! Mais ce sont aussi des histoires de rencontres, de hasards.

Ch.B : Est-ce que ce n’est pas trop compliqué de regarder l’art actuellement ?

GB : Pas plus qu’avant, mais la mode des installations ou les vidéos nous intéresse peu. Nous les regardons dans les centres d’art mais nous ne saurions pas vivre avec… alors !

Ch.B : Quel est votre regard sur le milieu de l’art et son marché depuis trente ans ?

GB : On parle plus d’argent que d’art aujourd’hui !

RB : Nous sommes des amateurs d’art et à ce titre nous avons visité beaucoup de collections. Celles des Billarant ou des Gensollen, par exemple, qui ont des ensembles muséaux constitués de formidables artistes dont nous n’avons presque aucun nom. Au début cela m’a troublé, puis avec le temps, j’ai trouvé très touchant les mondes que chacun d’entre nous se fabrique…

Christine Blanchet, critique d’art
entretien avec les collectionneurs LGR

 

 

 

 

DIX-HUIT, un monde nouveau, rien ne sera plus comme avant… et aujourd’hui ?

Exposition du lundi 10 septembre au dimanche 30 décembre 2018

Lundi 10 septembre 2018

18h : Table ronde, Conférence de Pap N’Diaye, Professeur à Sciences Po Paris

« Passage de la guerre à la paix » et Laurent Van der Stockt, animée par la journaliste Mathilde Boussion en présence des artistes.

19h : Vernissage

14 artistes ont créé  des oeuvres spécialement pour cette exposition

Jean-Michel ALBEROLA, Bruno ALBIZZATTI, Roger BLACHON, Claude BURAGLIO,

Pierre BURAGLIO, Jean-Marc CERINO, Nicolas DAUBANES, Elfi EXERTIER,

Pablo GARCIA, Léon GIMPEL, Danielle HUMBEY-BARRIÈRE, Eric MANIGAUD,

Johanna QUILLET, Matthew TYSON Françoise VERGIER…

au retour de Visa pour l’image

et aujourd’hui ?

Laurent VAN DER STOCKT,

photojournaliste, visa d’or 2017

ARCHIVES : prêts de St Restitutiens et documents photographiques et appareils photos

des collectionneurs Guy Richard et Thierry Sibra.

18 communiqué du 27 08 18